Table ronde : Production agricole et Environnement en Asie

  • Eco-historical perspectives of Asian rice-growing zone: Its environment and production

Koji TANAKA
(Young Researcher Development Center, Kyoto University)

Being blessed with abundant precipitation and high temperature, a continual “green belt” consisting of forests (or potential forest vegetation) and agricultural lands extends from the high- to low-latitude areas in Monsoon Asia, which is located at the east and southeast fringe of the Eurasian continent. The intensiveness in terms of labor- and land-use is one of common characteristics of the region’s agriculture, and this can be clearly observed in wet-rice-based agricultural systems in the region.

These systems can be classified into a variety of types based on their land- and resource-use patterns, among which Japanese wet-rice cultivation belongs to the intermontane basin type. Technological development in the early modern and modern periods in Japan was characterized by land- and labor-intensiveness, and it was achieved through the reciprocal implementation of “environment-formative” and “environment-adaptive technologies.” This achievement was made possible by specific social and cultural conditions, such as establishment of small-scale landholding system, regulation for water resource management, and communal perception of the value of growing wet rice. Such intensive technologies, which were developed in the Tokugawa and early Meiji Era and have been succeeded to the present, have provided the foundation of developing “green-revolution” technologies in the Asian rice-growing zone since the late 1960s.

The intensive and diversified agricultural systems in the zone, however, have undergone dynamic changes during the last two or three decades due to the rapid introduction of modern technologies and the expansion of commercialized agriculture under the globalizing political and economic situations. These changes include the increase of agricultural production through the intensification and diversification of crop growing on one hand and the environmental deterioration in various manners on the other. Asian rice farmers are facing serious issues, both environmental and socio-economic, derived not only from natural conditions but also from socio-economic factors. Taking his case studies conducted in Southeast Asia, the author emphasizes the importance of implementing interdisciplinary approach in order to seek ways for exploring holistic and better understanding of current issues related to rice and rice culture in the Asian rice-growing zone.

 

  • Rizicultures asiatiques, Permanence d’une céréale essentielle sur un continent en mutation

Guy TREBUIL
(Géo-agronome dans l’unité de recherche Gestion des ressources renouvelables et environnement (Green), CIRAD)

Plante domestiquée sur le continent asiatique il y a environ 8 000 à 10 000 ans, le riz (espèce Oryza sativa) constitue toujours au début du XXIème siècle la première céréale de l’alimentation humaine et la principale source d’énergie et d’une part significative des protéines pour quelques trois milliards d’hommes.
Si sa consommation atteint jusqu’à 200 kg de riz blanc par personne et par an dans certains pays en développement d’Asie, elle n’est plus que d’environ 50 kg/tête/an de grain, mais de haute qualité, dans les pays les plus riches comme le Japon. La production mondiale annuelle de riz dépasse 600 millions de tonnes de paddy (le grain entier, avant mouture) et demeure située à 90% en Asie où les grands pays producteurs sont toujours la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Bangladesh, le Vietnam et la Thaïlande.

 

  • Cultiver les terres et les mers: un double défi pour les agricultures du Sud-Est asiatique

Rodolphe DE KONINCK
(Université de Montréal et Institut des études avancées-Paris)

Depuis une cinquantaine d’années, les agricultures du Sud-Est asiatique sont lancées dans une course à la productivité particulièrement intense. D’une part, cette course tient lieu de réponse aux demandes du marché tant local que mondial, le secteur vivrier, au premier rang la riziculture, et le secteur dit commercial étant tous deux fortement sollicités. D’autre part, elle repose sur une intensification mais aussi une expansion territoriale de l’agriculture touchant aujourd’hui pratiquement tous les pays de la région. Jusqu’à récemment réalisée surtout aux dépens du domaine forestier, l’expansion du domaine agricole atteint désormais non seulement les littoraux, de plus en plus consacrés à la crevetticulture, mais aussi les mers elles-mêmes, nouvel eldorado de l’aquaculture. Il en résulte une accentuation considérable des pressions sur le patrimoine environnemental.

 

  • Le Japon dans l’intégration régionale asiatique et  les problèmes de l’agriculture 

Anne ANDROUAIS
(MOSAIQUES/CNRS/LAVUE  Université Paris Ouest Nanterre La Défense)

Avec les accords, les associations ou les sommets, tels que l’ASEAN (Association des Nations d’Asie du Sud-Est), l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation), l’EAS (East Asian Summit), l’Asie est à la recherche d’une intégration originale de sa région, tout en rencontrant des divisions et des  dissensions politiques ; la plupart des pays asiatiques connaissent une croissance économique forte et une activité importante du commerce intra-régionale.

La mesure de la dynamique de l’intégration régionale en Asie est mise en application par des facteurs de concurrence au niveau politique, économique,  technologique et de l’environnement. Au cours de l’avancée d’une intégration régionale en Asie, les gouvernements doit faire face aux substantielles différences politiques de chaque pays, et  la manière de contrôler son potentiel économique et commercial avec, pour l’Asie dans sa totalité,  plus de 43 pour cent de la population mondiale.

Dans le cas d’une Communauté d’Asie de l’Est, il sera nécessaire : de construire une nouvelle « architecture » politique et économique pour mener à bien une intégration régionale viable, d’être un forum pour le dialogue sur de grandes questions politiques, économiques, technologiques, environnementales et agricoles et proposer des dispositifs environnementaux pour l’énergie propre; ceci sont  les nouveaux défis en matière de consommation d’énergie et de sécurité de l’énergie et alimentaire au niveau régional; l’urbanisation croissante augmente le besoin de gestion environnementale et les prévisions d’organismes internationaux prévoient que la population urbaine en Asie doublera et atteindra près de 1.7 milliard entre 2000 et 2030.

Cependant, l’établissement d’une grande zone de libre échange, nommée traité de libre échange “Trans-Pacific Partnership” (TPP), rencontre une large opposition de la part des agriculteurs Japonais. Ceux-ci estiment, avec leurs organisations, que l’entrée en vigueur du TPP pourrait leur coûter des emplois et réduire de façon significative la production du secteur primaire au Japon.

Néanmoins, l’établissement de l’intégration régionale a pour objectif d’augmenter le commerce, les services et les investissements directs extérieurs dans des secteurs ciblés en Asie. Le TPP pourrait donner également à une impulsion concurrentielle, tout d’abord au Japon, afin d’être plus actif en participant à la préparation de l’organisation de la Communauté Asiatique de l’Est.

 


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
japonkiso (16 mai 2011). Table ronde : Production agricole et Environnement en Asie. Dialogues avec le Japon. Consulté le 11 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/qjp6


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